vendredi 4 décembre 2009

Le saumon du Pacifique


J'ai fait cuire du saumon dans la poêle hier soir et ça pue dans l'appart depuis ce temps. J'avais parti le fan, j'avais ouvert la fenêtre, j'ai sorti les poubelles, j'ai mis du pouch pouch, j'ai créé des courants d'air. Ça puait encore ce matin. Eurke. Avant de partir, j'ai encore ouvert la fenêtre de la cuisine en espérant que ça sente la fin de l'automne plutôt que le poisson quand je vais revenir ce soir.
Dans la bus, j'avais l'odeur imprégnée dans le nez et j'ai espéré le plus du monde que c'était pas moi qui dégageais ça. On dirait que ce sont les mets les plus savoureux qui puent le plus. Ça devrait être le contraire.

jeudi 3 décembre 2009

Comment conjuger le verbe "aller"

Je vais dans la pluie régler de la paperasse, je reviendrai demain au bureau. Les petits poussins m'impressionnent avec leurs travaux de 10 pages bien rédigés. Si j'ai le temps, s'il ne fait pas trop mauvais, j'irai peut-être prendre des photos, ce soir, dehors.

mercredi 2 décembre 2009

Énumération


-J'ai oublié (!) de me faire un thé ce matin et je m'endors.
-J'ai arrosé mes plantes et je pense en sauver quelques unes. J'en ai tout de même mis une à la poubelle.
-Je ne sais pas quoi manger ce soir et cette éternelle question m'ennuie profondément.
-Ils annoncent une tempête de pluie demain, avec 40mm à tomber sur la ville. J'aurais préféré de la neige.
-Je suis habillée en bleu des pieds à la tête, mais je pense que c'est beau.
-Je veux aller faire du jogging.
-Je ne sais pas quoi mettre comme photo pour coiffer ce billet. Alors je vais mettre ce qui me représente, à cette seconde précise.

mardi 1 décembre 2009

1er décembre


Fin de session. Les étudiants sont comme des fusées dans les passages et les couloirs grondent de stress. Les amis ne peuvent plus se sentir, les travaux d'équipe échappent de justesse au naufrage et plusieurs viennent chercher un encouragement dans mon bureau, le trémolo dans la voix. 
On dirait que l'esprit des fêtes commence à me rentrer un peu dedans. J'ai posté ma liste de cadeaux au Père Noël et je songe à monter le petit arbre de Noël dans l'appart. Je pense à mes ex-collègues qui doivent maintenant travailler 12 heures par jour dans la folie du centre d'achat et je me dis - j'espère - qu'être éloignée de ce tourbillon fou m'aidera peut-être à retrouver un certain goût pour les Fêtes. Ouais.


lundi 30 novembre 2009

George Harrison dans mon sommeil


J'ai fait un rêve étrange où il ne se passait rien. Je me souviens seulement que While my guitar gently weeps jouait à plein volume et c'est peut-être ça qui a écrasé les images. Un rêve accompagné d'une trame musicale, un genre de flottement, de sentiment semi-éveillé qui laissait toute la place aux Beatles.

I look at you all see the love there that's sleeping
While my guitar gently weeps
[...]
I don't know why nobody told you how to unfold your love
I don't know how someone controlled you
They bought and sold you.

dimanche 29 novembre 2009

Bingo

La voisine a reçu des gens chez elle, hier, ce qui constitue un exploit. On ne croyait même pas qu'elle avait des amis tellement sa vie a l'air ennuyante à mourir. L'alcool a semblé couler à flots chez elle et un bouquet de fleurs attendait on ne sait quoi dans le bac à recyclage sur le pallier entre nos deux portes.
La pré-ado fait encore du patin à roues alignées, parfois très tard le soir. L'anorexie nous vient en tête en premier pour expliquer sa fixation et sa maigreur. J'espère qu'on se trompe.
La maison louche d'en face est encore à vendre, cette fois avec un agent. Curieuse, je suis allée voir combien ils demandent sur le site internet et je suis tombée sur le cul: 259 900$, ce qui est 10 000$ de plus qu'il y a un an avec un autre agent. La folie. Cette maison est bonne pour le buldozer, il y a des mauvaises herbes de 2 pieds de haut dans les gouttières. À peu près une fois par deux semaines, quelqu'un s'amuse à lever le petit drapeau ''vendu'' et j'imagine que les proprios ne trouvent pas la blague aussi drôle que moi.
La blonde du proprio a installé un vrai sapin illuminé sur le terrain avant. En le voyant, j'ai eu un petit peu hâte à Noël. Ça m'a fait du bien.

jeudi 26 novembre 2009

En attendant la neige


Immobilité ambiante, sauf cette trace de doigt dans la saleté de la table. Il y a longtemps que la maison veille sur sa solitude. Aux murs, les cadres ont laissé des traces, formes carrées ou rectangulaires qui prouvent que cette atmosphère éthérée n'a pas toujours sévi. Dans les craques du plancher usé, des excréments de souris remplissent le vide. Sinon, rien. L'eau ne coule plus dans les lavabos rouillés, le crépitement des bûches dans le poêle à bois ne réchauffe plus la cabane. La porte qui mène aux toilettes sèches a perdu poignée, charnières et toute utilité. Le fleuve se dessine par les fenêtres embuées, au-delà du terrain laissé à lui-même et envahi par le chiendent. La charpente craque, le toit laisse fuir quelques chauves-souris, le grenier s'emplit de souvenirs sans conséquences. Sur la galerie, les boîtes à fleur servent de nids aux oiseaux. Les cèdres près de la clôture ont des airs de carnaval. La mauvaise herbe repousse l'asphalte vers la ville. Au bout du terrain, les couchers de soleil paressent et s'étirent devant les chaises occupées par les feuilles mortes. La maison s'abandonne au passage des saisons; l'hiver s'en vient.