jeudi 3 mars 2011

Courir, man

Retrouver les premières notes de piano sur le mix jogging et fouler la neige bien tapée à petits pas. Les yeux immédiatement plein d'eau à cause du vent trop froid, les poumons qui refusent de coopérer à si basse température. Le piano fait place au gros boum-boum, les pas se font plus grands, plus vite, les poumons reprennent le rythme, les yeux coulent toujours sous le vent, le nez déborde, les poings se serrent et se desserrent pour ne pas geler, il faut rabattre le capuchon par dessus la tuque trop courte. La tête qui se vide de tout, ne penser qu'à respirer, qu'à éviter les plaques de glace, qu'à être rendue devant la maison brune lorsque la chanteuse épelle le titre de la chanson. Oublier qu'il fait -30, que le vent souffle trop fort et que deux orteils ont cessé d'envoyer des signaux de vie au cerveau. Courir, vite, le coeur qui se démène sous le manteau, tout donner même si les cuisses picotent et que les joues s'engourdissent. Et puis trente minutes plus tard, ralentir, monter les escaliers lentement, enlever ses chaussures et s'étaler en étoile sur le plancher du salon, essoufflée comme une dingue, la tuque de guingois, les écouteurs toujours dans les oreilles.
Le jogging me manquait.

dimanche 27 février 2011

Les jeux

Il n'y a rien comme un souper spaghetti - toutes sauces à la viande mélangées - pour bien partir la soirée. Une fois qu'on a été rassasiés (moi, surtout), on a empilé les jeux sur le comptoir et on a eu un fun fou. À Scattergories, ils ont accepté de justesse mon "calorifère portatif" (commençant par la lettre C: quelque chose qu'on branche), mais pas mon "saindoux" (commençant par la lettre S: type de crème glacée). Après ça, les filles ont dansé à la Kinect sur Lady Gaga et les gars ont joué à Serpents et Échelles, version Sour Puss. On est rentré tard et ce matin, j'ai été incapable de faire la grasse matinée. Mais c'est pas grave, parce que j'ai mangé du spagat hier soir pis j'adore tellement ça que je vais sûrement être de bonne humeur pour une semaine, minimum.

mercredi 23 février 2011

Tranquille, ouais.

Jour de congé. J'en profite pour me lever tard, pour écouter de vieux disques, pour envoyer une lettre à mon amie qui habite si loin. J'observe les camions de Bell qui traînent encore dans les parages et qui freinent péniblement tous les mètres, avec des bruits de baleine échouée. Je croise un jeune garçon en skate près du dépanneur et je me dis qu'il attend le printemps plus impatiemment que quiconque. J'irai nager ce soir. Et puis, je mange des fruits.

jeudi 17 février 2011

Ne pas sortir son char de l'hiver

Les gars de Bell sont encore là. Ils ont remplacé la corde jaune par du gros filage. Je me suis risquée  dehors, pour photographier les voitures des voisins avant que les 10 mm de pluie annoncés pour demain ne fassent fondre la neige. 
On peut dire qu'ils sont pas sorteux...

mercredi 16 février 2011

Les choses louches qu'on voit

Je voulais prendre une photo de la voiture des voisins parce qu'après la tempête de lundi, l'image est trop drôle. Mais je n'ose pas. Mon logement est encerclé. Il y a des camions d'eau potable (2) ainsi que des camions d'eaux usées (3) tout autour, avec six camions de Bell. En plus des gars avec les dossards dans la rue, trois hommes habillées en fluo de la tête aux pieds ratissent le terrain derrière chez moi, posent des bidules rouges sur les fils électriques dans la cour et y font passer une grosse corde jaune qui pendouille et se mêle aux branches des arbres. Je ne sais pas en quoi les eaux usées et Bell sont liés, mais chose certaine, je reste à l'abri.
J'irai prendre la photo demain.

samedi 12 février 2011

À tourner les pages

Un samedi passé tranquillement dans le divan à boire du café, à finir un bouquin, à en commencer un autre, à écouter le même cd en boucle. Ne plus ressentir une angoisse au coin du coeur et attendre paisiblement le début de ce "nouveau" boulot, lundi matin. 
Un grand café au lait, une bonne histoire, février qui ne s'étirera pas sans but comme le mois précédent.

A long December and there's reason to believe
Maybe this year will be better than the last
I can't remember the last thing that you said as you were leavin'
Now the days go by so fast
         - Counting Crows, A Long December -

mercredi 9 février 2011

La grande messe (en retard)

Le Superbowl, c'est toujours le fun, surtout sur l'écran 52 pouces de mon ami. Le congélateur débordait tellement qu'on a dû mettre les pizzas dehors, sur le balcon. On a roulé près de 200 saucisses dans le bacon, en plus des ailes de poulet, des fritures mexicaines et de deux malheureux plateaux de légumes - uniquement là pour nous donner bonne conscience. Sur le comptoir, entre chaque service, un verre servait à vider le gras qui s'accumulait au fond des plaques de cuisson. Les Packers ont gagné (go Packers, youhou!!) et quand tout a été fini, on a eu de la difficulté à se lever du divan. Les hôtes ont distribué les restants ("pas question qu'on mange tout ça à deux") et quand on est rentré chez nous, on sentait le gras. 
C'était tellement le fun... mais une chance que ça arrive juste une fois par année.